Bye Bye Boss (sans le gros lot)

October 30, 2019

 

Il y a quelques semaines, j'ai annoncé sur les réseaux sociaux ma démission de la SAQ avec de très brièves explications. Je le repartage ici car veut, veut pas, je risque d'en reparler pas mal dans mes prochaines publications sur le blog. Toute ma vie prend un nouveau tourannt et bien entendu, tout ceci n'aurait pu avoir lieu si je ne m'étais pas convertie au minimalsime depuis quelques années. J'y reviendrai prochainement. Voici donc le texte mon statut Facebook dans son intégralité en guise d'introduction à ce qui s'en vient :

 

J’en ai parlé à peu de personne encore mais j’ai démissionné de ma job la semaine passée. J’en ai pas parlé parce que je savais ce que tout le monde allait me dire et j’avais aucunement envie de l’entendre :
“Mais là tu vas faire quoi?”
Aucune idée
“T’avais une bonne job stable, c’est rare de nos jours!”
Oui. Mais j’en pouvais pus, j’haïssais ça, ça me rendait malade.
“Mais moi non plus j’aime pas ma job mais tsé, faut ben travailler!”
Pourquoi tu penses que j’ai enduré ça 13ans? J’ai pris su moé, j’ai essayé fort d’être reconnaissante de la chance que j’avais mais après 5 arrêts maladie pour anxiété généralisée/dépression, non seulement j’en faisais pas tant que ça de l’argent mais surtout, qu’est-ce que ça va me prendre de plus pour que je comprenne? Après les innombrables fois où j’ai dû trouver refuge dans les toilettes du backstore pour brailler ou pour attendre que mon corps cesse de trembler. Après toutes les crises d’à bouttisme que j’ai fait endurer à ma famille avant de partir travailler ou en arrivant le soir parce que c’est ma vie au complet que j’ai fini par détester à cause ça. Ça m’a hanté pendant toute la durée de mes congés de maternité et mon année sans solde. Y’était temps que je fasse de quoi.

13 ans. C’est long longtemps! Pourquoi est-ce que j’ai mis autant de temps avant de faire le move?C’est ça la question qu’on devrait se poser. Y’a plusieurs réponses à ça mais principalement, c’est parce que j’avais tellement pas confiance en moi qu’inconsciemment, je ne me pensais pas capable de faire autre chose. La seule raison pourquoi je restais à la fin, c’est parce que je pouvais câller malade n’importe quand, quand une crise d’anxiété m’empêchait de sortir de chez moi le matin, sans qu’il n’y ait de conséquence. Peux-tu me trouver une raison plus looser que ça? J’en doute. Un jour j’ai réalisé que le simple fait de rester à cette job que j’haïssais du plus profond de mes trippes était assez pour anéantir la moindre chance de trouver de la confiance en moi. En réalité, c’est pratiquement de la violence psychologique que je m’imposais sans m’en rendre compte. Fallait que je brise mon cerclevicieux quelque part, et y’avait nul part d’autre que je pouvais faire cette cassure.

Je voulais écrire un billet sur mon blog à propos de tout ça mais c’est tellement deep, tellement complexe… J’ai recommencé 8 fois, c’est jamais clair et c’est tout le temps trop long. C’était pas tant la job le problème mais mon rapport à elle pour un millions de petits détails qui sont propres à moi. Je ne sais pas si un jour j’arriverai à l’expliquer. Ça viendra peut-être par petites bribes. Peut-être que j’aurai pas le goût d’en parler non plus. Bref, j’envisage de me libérer autrement.

Mais j’avais envie de le mentionner parce que j’ai réalisé depuis longtemps que beaucoup de gens sont aux prises avec de l’anxiété comme moi, qui détestent leur vie et ne savent pas comment s’en sortir. C’est pas pour rien que les taux de suicide sont si élevés. Je n’ai pas de réponse à leur donner pour l’instant mais je me ferai un devoir d’en trouver et les partager. Je me donne la mission de m’en sortir pour prouver que c’est possible de vivre autrement, de vivre à sa propre façon. D’abord parce que j’ai 3 enfants à qui apprendre comment être heureux. Mais aussi parce qu’une des choses qui me heurtait à ma job, c’est la douleur avec laquelle trop de gens ont à vivre. Pendant que je leur vendais l’alcool qui allait mettre un baume temporaire sur leurs vies de marde (pas tout le temps mais trop souvent), je me foudroyais à longueur de journée par l’affirmation qu’il devait surement y avoir une autre solution. On se fait ça à nous-même, c’est quand même incroyable! Y’a de très grosses entreprises qui font un profit grandiose avec le malheur des gens alors c’est clair que les messages qui s’imposent autour de nous, destinés à nous faire du vrai bien se font vraiment rares.

Je ne sais pas encore où je m’en vais avec ma vie. Mais je m’en fous. Le vide, finalement, est tellement plus confortable que l’enfer de ma prison mentale. J’ai juste fini par comprendre que je valais mieux que ça et c’est tout ce qui compte.

Je prend le large! Direction Bas-du-fleuve. La dernière fois que j’y suis allé, c’était il y a plus d’un an quand on a fait le tour de la Gaspésie . J’en ai grandement besoin. Ça tombe vraiment bien ce weekend de trois jours où je vais pouvoir aller me faire balayer l’énergie par les grands vents au bord du fleuve. J’ai beaucoup de blocages et de souffrance à laisser aller. Je la sens jusque dans mes os. Va falloir que je me demande pardon aussi. Ça se pourrait que ça prenne du temps. Je le sais pas. Mais déjà, tout circule un peu mieux et enfin, je respire!

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