Le Bon Plant de Trois-Pistoles : Premier festival du cannabis au Québec

June 19, 2019

 

 

Mon chum vient de Trois-Pistoles et on a plusieurs amis qui sont retournés vivre là-bas après leurs valeureuses études à Montréal. C'est un arrêt obligé quand on passe dans le coin. Lors de notre road trip en Gaspésie, on passait par-là au même moment qu’y avait lieu le premier festival du cannabis au Québec. Je suis donc allée faire un tour. Habituée au feu Festival Echofête qui était aussi un projet initié par le militant Mikael Rioux, je m’attendais à des conférences riches en contenu et en sensibilisation. Je n’ai pas été déçue! C’est quoi le rapport avec le minimalisme vous allez me dire? Eh bien vous verrez que cette simple mauvaise herbe peut remplacer beaucoup de choses compliquées que l’humain utilise quotidiennement, des choses qui détruisent notre planète et notre santé au profit des grosses industries qui poussent la machine de la surconsommation. Voilà pourquoi je suis une bonne sympathisante de cette belle plante.

 

J’ai eu l’occasion d’assister à la moitié des conférences seulement. Heureusement parce qu’à la quantité d’information pertinente que j’ai reçu, je pense que mon cerveau aurait explosé si y’avait fallu lui en donner plus. Et ce sans aucune substance illicite (ou pas) dans mon système. À part peut-être un demi-café. Même pas. Un tier de café.

 

Cette plante est littéralement fascinante, tant au niveau de son historique politique que sur son potentiel médical. À l’heure où on commence à lui découvrir des capacités quasi-miraculeuses pour traiter diverses maladies graves dont plusieurs cancers, c’est pratiquement un crime contre l’humanité que 96% de l’argent investi pour l’étudier soit utilisé dans le but de lui trouver des torts afin de mieux la diaboliser dans les médias et les campagnes politiques. Espérons que la légalisation fera avancer un peu les choses de ce côté-là mais malheureusement, avec ce que j’entend à la radio ces jours-ci, je suis un peu découragée. Si c’est pour son utilisation récréative sur laquelle je m’étendrai un peu plus loin dans l’article, il faut quand même rester honnête et comprendre que l’alcool, le tabac, le sucre, le café sont aussi des drogues qui endommagent notre cerveau et notre santé, certaines plus que le cannabis, et on n’en fait pas tout un plat. Alors pourquoi autant d’acharnement?

 

Je dois avouer que j’avais déjà un certain parti pris pro-cannabis après avoir vu le documentaire sur Netlfix A Life Of It’s Own : The Truth About Medical Marijuana (que je recommande chaudement!), mais je n’avais jamais cherché à aller voir plus loin où n’aurais jamais pensé prendre parole à son sujet. Encore là, je suis mal à l’aise. Parce qu’il y a tant à savoir, tant à découvrir et je n’en connais qu’une infime partie. Et les médias s'époumonent plus que jamais à nous faire peur avec cette plante rendant toute tentative de débat difficile.

 

Cet article est donc une synthèse de ma compréhension personnelle des conférences du Dr François-Olivier Hébert, PhD en Biologie moléculaire qui est venu nous parler principalement du système endocannabinoïde et des deux éléments actifs les plus connus du cannabis, soit le THC et le CBD et leur rôle dans la prévention et guérison de certaines maladies. Jean-Sébastien Fallu, professeur Agrégé à l’Université de Montréal, qu’on a beaucoup vu et entendu ces derniers temps en entrevue un peu partout. C’est l’expert en dépendance et toxicomanie qui a abordé les thèmes de la désinformation médiatique, de l’ignorance totale des politiciens et des conséquences sociales de la criminalisation de cette plante surtout sous l’angle de son utilisation récréative. Et Lucie Pagé, journaliste, dont le cannabis a sauvé la vie un peu par accident. Elle est venu nous livrer son compte rendu de 3 ans de recherches sur cette plante fascinante, son historique, quand et pourquoi elle a été proscrite et toutes ces games de pouvoir politiques et d’argent qui privent des milliers de gens malades de leur médicament peu coûteux, efficace et avec peu d'effet secondaire.

 

  

 

                               

 

Ce que j’ai retenu :

 

Je pense que je pourrais en faire au moins 10 articles. Mais je vais essayer d’être brève. (haha! Impossible.)

 

Le corps humain, comme celui tout autre bon mammifère entre autre, comporte un système appelé Endocannabinoïde qui produit essentiellement les mêmes substance que les phytocannabinoïdes que l’on retrouve dans le cannabis. Le système endocannabinoïde est responsable de réguler différents systèmes dans le corps (la température, l’appétit, le ph, la motricité…) et quand il fonctionne mal, les déséquilibres engendrés seraient la cause de tout un tas de problèmes de santé. Voilà pourquoi autant de patients dans le monde atteints de tout un tas de maladies différentes réagissent si bien aux traitements à base de cannabis: parce que le corps reconnaît en les phytocannabinoïdes du cannabis ses propres substances qu’il pourrait avoir du mal à fabriquer lui-même. Le traitement au cannabis opère donc naturellement, avec très peu d’effets secondaires. J’ai glissé un petit extrait de la conférence qui illustre bien (mais rapidement) comment agit le système endocannabinoïde. Et si ça t’intéresse, c’est un sujet bien documenté sur Internet.

 

On se doute donc que la légalisation de cette plante ne plaise pas nécessairement à l’industrie pharmaceutique. Quand on sait que 50% des patients qui se soignent au cannabis délaissent tout médicaments pharmaceutiques, on peut s’imaginer que la légalisation donne envie à plusieurs actionnaires de mettre leurs oeufs dans un autre panier. Il y a de ces patients qui s’étaient fait prescrire près d’une trentaine de médicaments différents qu’ils devaient prendre tous les jours alors que maintenant, de simples capsules de CBD ou de THC arrivent à faire la job mieux, à moindre coût et sans les effets néfastes des médicaments de synthèse sur l’organisme. Le cannabis de synthèse que produit les pharmaceutiques s’avère complexe, responsable de nombreux effets secondaires avec des conséquences graves dont la mort et fait des ravages sur le marché noir. Ce cannabis de synthèse a été conçu pour soigner des maux de façon ciblée alors que l’huile de cannabis agit globalement sur l’organisme. Voilà pourquoi les adeptes de santé globale s’y intéressent. C’est d’ailleurs mon cas. Je considère que notre corps, notre machine, a besoin d’un entretien global pour bien fonctionner. Soigner un malaise ne guérit pas la cause du malaise. Et la cause du malaise n'est pas toujours simple à trouver. Souvent les effets secondaires nécessitent la prise d'un autre médicament, puis d'un autre... Un de mes proche qui prend une médication pour la Tourette doit prendre des anti-dépresseurs pour contrer les effets dépressif du premier médicament. Mais comme l'anti-dépresseur l'empêche de dormir, il doit prendre un somnifère en plus. Mais le somnifère lui fait faire de la basse pression et ainsi de suite. J'ai fait quelques recherches et les études cliniques sur les patients présentant le Syndrôme Gilles de la Tourette démontrent une efficacité dans 75% des cas et ce sans effet secondaire. Ce n'est qu'un exemple parmi un tas d'autres. Comme pour n'importe quoi, tous les experts se contredisent dépendant des intérêts de l'entité qui paye pour la dite étude et je suis certaine que les résultat peuvent varier d'un cas à l'autre puisqu'on est tous différents. Tant qu'à essayer toute sortes de cocktails de produits chimiques, pourquoi ne pas au moins essayer ce traitement tout simple avant de décider si cela suffit ou pas? Auparavant, cette plante poussait partout comme de la mauvaise herbe et faisait partie intégrale des traditions médicales de nombreuses sociétés et ce bien avant que le système médical occidental que nous connaissons aujourd’hui n’existe.

 

On ne peut même pas en vouloir aux médecins. On connaît le fonctionnement du système endocannabinoïde depuis les années 60 mais il n’est toujours pas enseigné dans les facultés de médecine. Lucie Pagé demande : Pourquoi 96% de l’argent investi dans les recherches sur le cannabis est dépensé pour prouver son danger alors qu’on ne fait aucun cas de l’alcool qui tue des milliers de personnes par année (état de santé physique et mental, accident, suicides…), détruit familles et communautés et qui ne soigne aucune maladie. Comment se fait-il que bien qu’on sache aujourd’hui sans l’ombre d’un doute que les deux phytocannabinoïdes les plus connus, le THC et le CBD (mais il en existe une centaine d’autres), ont des effets aussi spectaculaire sur la santé, qu’on n’essaye pas de comprendre un peu mieux comment les utiliser pour soigner plus de gens? Ça n’intéresse personne de savoir ce que les 98 autres cannabinoïdes pourraient faire? Pourquoi des patients qui guérissent d’un cancer avec le cannabis alors qu’on leur donnait deux mois à vivre se voient dénoncés aux autorités par leur médecins plutôt qu’étudiés pour comprendre le miracle qui s’est produit en eux?

 

Mais ce n’est pas uniquement l’industrie pharmaceutique et ses actionnaires que cette toute petite plante menace. Parce que même la plante de chanvre qui ne contient pas de THC a été interdite. Et on peut tout faire avec le chanvre. De l’essence, du papier, du ciment, des textiles quasi indestructibles, de l’huile, de la farine, des maisons qui ne moisissent pas… bref, toutes ces choses que les grandes industries qui rule the world du capitalisme offrent en prenant soin de bien saccager le paysage, on pourrait le faire à partir de cette plante qui se renouvelle en 4 mois. Pas étonnant qu’on veuille tant la démoniser, la contrôler, la privatiser, se l’approprier et empêcher les simples mortels que nous sommes de la faire pousser. Car si tout le monde se met à l'utiliser, la transformer à sa guise, le monde tel qu’on le connaît économiquement parlant risque de changer énormément. Un des participants à la conférence sur le chanvre disait que le pire drame environnemental que l’humanité ait connu, c’est que le chanvre ait été écarté de la révolution industrielle. Le monde serait bien différent si cette plante avait été exploité à sa juste valeur. Et elle est bien là, la menace.

 

Mais c’est le racisme qui est la première cause de la chute de cette mauvaise herbe au banc des drogues illégales. Tout a commencé en Afrique du sud et en Jamaïque. Les esclaves qui travaillaient dans les mines et les plantations de cannes à sucre en consommaient le soir pour relaxer après leur dure journée de labeur. N’ayant pas de quoi se payer de l’alcool comme les blancs, ils y allaient avec ce qui poussait gratuitement dans la nature. Mais les blancs n'aimaient pas voir les noirs se “prélasser" prétextant c’était le privilège réservé aux hommes blancs. C’est ainsi que le cannabis a été interdit pour la première fois. Mais la guerre de l’image de la plante, où là on s’est attardé à lui donner la faculté de rendre le monde fou et violent afin de la reléguer au banc des drogues dangereuses, c’est aux États-Unis qu’elle a eu lieu. D’abord pour se débarrasser des méchants Mexicains, un peu comme Trump fait aujourd’hui afin de les déporter, les emprisonner, leur barrer la frontière. Et la guerre contre la mari a ensuite eu de l’utilité pour se débarrasser des hippies qui élevaient leurs voix contre la guerre du Vietnam. Quoi de mieux que de lourdes peines de prison pour retirer le droit de parole, de vote ainsi que toute crédibilité à de trop nombreux humains qui s’opposent à une grave décision politique qui concerne la vie de milliers de personnes en plus des finances du pays?

 

 

 

Mais revenons-en à ce qui inquiète les gens. Les parents, plus précisément. La consommation récréative de cannabis chez les jeunes. Le gros Drama. Le thème parfait pour tous les journaliste qui rêvaient en fait d'être des Fabienne Larouche pour mettre tout le monde sur le pied d’alerte avec leurs lignes ouvertes et tout le tralala. J’adore les interventions de Jean-Sébastien Fallu dans tout ce cirque et je salue son courage de prendre parole ainsi devant les hordes de matantes qui vivent leur vie par l’entremise de leur télé et n’ont jamais rien expérimenté de réel dans leur vraie vie.

 

Loin de lui l’idée de banaliser les effets de la consommation de cannabis chez les jeunes. C’est son domaine depuis des décennies, il connait bien les dangers. Cependant, ils n’ont souvent rien à voir avec ce qu’on nous remâche à la télé depuis les années 30.

 

Et qu’adviendrait-il si le cannabis n’avait jamais existé? Est-ce que les jeunes iraient sagement à leur cours tête reposé pour devenir de futurs avocats, médecins, présidents de compagnies (comme si ces gens-là ne consommaient rien...)? Ou s'ils se tourneraient vers d’autres substances comme l’alcool, le datura, la MDMA, les champignons magiques ou des trucs plus synthétiques et chimiques? L’usage de drogues récréatives a toujours fait partie des habitudes de vie des humains et même des animaux. Ça ne changera pas. De mettre l’âge minimum requis à 21 ans, ou 25 ans comme certains proposent, c’est les pousser à se procurer des substances sur le marché noir, des substances aux qualités douteuses, avec des taux records de THC et qui vient souvent avec l’accès facile à des drogues beaucoup plus néfastes. De la même façon que le vin le plus cheap de la SAQ sera toujours une meilleure idée qu’un vin de sous-sol maison élevé par un inconnu assoiffé d’argent et revendu sur la rue par un autre inconnu. 

 

Le vrai problème dont il faut parler, c’est de dépendance. Et la dépendance n’est pas une question de substance. C’est un amalgame de plusieurs choses dont l’hérédité, le contexte social et psychologique ET de substance. Une même substance ne rendra pas tout le monde accro. Tout comme certaines personnes vont bien réagir à une drogue alors que quelqu’un d’autre va badtriper leur vie avec le même dosage. Quant aux histoires de psychose, tout a encore une fois été largement exagéré. Ce que les études disent en réalité, c’est que le cannabis peut déclencher une psychose CHEZ LES GENS QUI Y ÉTAIENT DÉJÀ PRÉDISPOSÉS. Donc, ceux qui allaient tôt ou tard s’en claquer une pourraient se la claquer plus tôt que prévu. C’est bien dommage. Mais perso, je me dis que si t’es pour être déclaré schizophrène, aussi bien t’en rendre compte à l’adolescence, quand le système médical te considère encore comme l’enfant de quelqu’un et non comme un criminel potentiel. Passé 18ans, c’est plus difficile d’avoir des services pour se faire aider. Mais bon. Je ne ferai pas fureur avec un tel argument, je sais. Mais c’est ce que mon expérience de vie m'a démontré. J’ai connu plusieurs personnes qui ont fait des psychoses à l’adolescence (et sans cannabis by the way) et à un jeune âge adulte et le traitement qu’on leur réserve est nettement différent (internement de 3 mois avec suivi quotidien pour un mineur versus internement d’une nuit, attaché et sous tranquillisant et relâché dans la rue le lendemain matin, encore sous l'effet des drogues administrées à l'entré et sans déjeuner). J’ai même une amie qui s'est fait dire par le psychiatre de l’hopital où elle s’était rendu elle-même pour des soins qu’il n’y avait rien à faire avec elle, qu’elle est un cas désespéré et de retourner chez elle. Nous sommes entre bonnes mains! Incapable de fonctionner seule dans notre monde, je suis convaincu qu’une bonne thérapie à l’adolescence aurait pu lui être bénéfique. Mais là je m’égare.

 

C’est déjà trop long mon affaire alors je vous laisse avec un tas de liens pour ceux qui désirent en savoir plus. Et j’ai fait deux vidéos avec quelques extraits des conférences du Festival du Bon Plant que vous pourrez visionner. J’ai envie d’entendre vos témoignage aussi. Connaissez-vous des gens qui se soignent au cannabis? Qui se sont construit des maisons en chanvre? On veut savoir!

 

 

 

Liens

 

PAGE FACEBOOK FESTIVAL DU BON PLANT

https://www.facebook.com/FestivalDuBonPlant/

 

PROGRAMMATION 2019

https://festivaldubonplant.com/programmation/

 

DOSSIER LA PRESSE

Le cannabis, mythes et réalités

 

 

Cancer et cannabis

 

Les études sont encore rares et bien qu'on dénote le potentiel, il est risqué de tenter de se soigner soi-même. Mieux vaut faire appel à un médecin qui y croit. Selon le type de cancer, il est possible de l'employer en complément aux traitements traditionnels. Il faut un bon suivi. Le point énoncé est toujours le même : Parfois il est efficace, mais parfois les patients meurent quand même. Mais c'est aussi le cas avec tout autre traitement pour le cancer. J'essaie de trouver des statistiques... Dans la postface de son livre Sexe, Pot et Cannabis, Lucie Pagé fait mention d'un taux de réussite de 50% avec l'huile de cannabis versus 2% avec la chimiothérapie... J'ai donc vraiment hâte que des études sérieuses soient menées et pas par un parti qui est lié de trop près aux compagnies pharmaceutiques. Le coût d'un traitement de chimio tournant autour des 65 000$, on pourrait presque dire que le cancer est une bonne vache à lait pour les compagnies pharmaceutiques.

 

 

RADIO-CANADA

Le cannabis, un remède contre le cancer?

 

Lucie Pagé et sa lutte pour la guérison par le cannabis

 

LA PRESSE

Illogisme

L'alcool responsable d'un déces sur 20

 


 

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