Minimalisme : Les six questions fondamentales (et quelques suggestions de lecture)

March 21, 2018

 

 

 

C’est inévitable. Être Wannabe Minimaliste c’est passer son temps à se remettre en question. Chaque objet qui sort ou qui entre chez nous apporte son lot de questionnements. J’ai identifié les six principales questions avec lesquelles je deal quotidiennement.

 

1.  Does it spark joy?

 

J’ai tellement abusé de Netflix à une certaine période de ma vie que c’est rendu que des fois, je pense en anglais… Et le livre de Marie Kondo, je l’ai lu en anglais donc quand je me pose la question, je le fais en anglais, sans faire exprès. Je parle toujours anglais comme une vache espagnole, mais y m’auront eu pareil. Dans ma tête, je suis bilingue.

 

Si vous êtes sur un blogue qui jase minimalisme, je présume que vous avez déjà entendu parler de la technique de désencombrement #KonMari. Se demander «Est-ce que cet objet m’apporte de la joie» est une technique particulièrement efficace pour moi, et pour des milliers d’autres personnes je présume, si on en juge par la popularité mondiale des ouvrages de l’auteur Japonaise. Si on respecte la règle particulièrement logique qui stipule qu’on doit bannir le droit de se dire «peut-être que ça pourrait encore servir» quand l'objet en question ne nous apporte aucune joie, on peut s’en sortir assez bien avec cette technique. Le défi ensuite, c’est de ne pas tenter de combler l’espace acquis et se ré-encombrer sans trop s’en rendre compte. C’est pourquoi la question #2 est un must obligatoire dans la suite logique des choses.

 

 

2.  En as-tu vraiment besoin?

 

Si ce n’est pas déjà fait, va lire le livre de Pierre-Yves McSween. Si t’essayes de te brainwasher à consommer mieux ou mieux encore, à «déconsommer» (j'ai volé le terme à la Cage de bruits, à écouter ici), c’est un excellent outil. Il a beau être un peu extrême par bouttes mais qui ne l’est pas sur les sujets qui le passionne…?  On a le droit de ne pas être d’accord à 100% avec lui sur tout, en tout cas moi je me le permets, mais reste qu’il a fondamentalement raison, d’un point de vue financier. Si comme pour la plupart des Québécois, particulièrement ceux de ma génération et de celle d’en dessous, les finances personnelles est un sujet tabou même mentalement avec soi-même, mais que tu sais bien au fond de toi qu’il te faudra tôt ou tard y consacrer un peu (ou beaucoup, selon le tôt ou le tard) d’énergie, ce livre est une bonne façon de commencer. Une prise de conscience t’attend! Plus tôt tu le liras, plus tôt tu seras content de l'avoir lu.

 

Mais le terme ou la question dans son fondement n’a bien entendu pas été inventé par Pierre-Yves McSween. Il l’a intégré de façon plus concrète dans notre imaginaire mais je pratiquais déjà la question depuis un bon bout de temps en ce qui concerne mes achats. J’étais tombée il y a près d’une quinzaine d’années sur le livre de Dominique Loreau, L’Art de la simplicité, en attendant après ma prescription d’anxiolitiques à la pharmacie. Eux-autres y l’ont l’affaire! Ils te font attendre 20 minutes à côté d’un rack de livres sur la santé et le développement personnel quand t’es au fond du baril du désespoir. Tu trouves quelques livres inspirants qui te redonnent la pêche et après, ton médecin dit que tes médicaments font dont bien effet et que tu devrais les prendre pour le reste de ta vie. Bien joué, Jean Coutu. Bien joué!

 

Bref, je l’ai lu 2-3 fois ce livre, il est tout annoté, surligné, brisé. J’en ai fait ma bible! Faudrait quand même que je le relise pour vous en parler plus en détail parce que ça fait quand même longtemps. Mais le principe du «En as-tu vraiment besoin» vient de là pour moi. J’ai très peu consommé de biens matériels que j’ai acheté neuf grâce à ce livre. Heureusement! Je me suis tellement encombrée en essayant de redonner vie aux objets que les autres ne voulaient plus.  Je n’ose même pas imaginer le degré d’encombrement et d’endettement que j’aurais pu atteindre sans cet ouvrage. Faudrait que je prenne 2minutes pour remercier l’auteur un de ces quatre! Mais bref, ici on applique la question sur les objets, les gens, les petits désagréments qui encombrent notre vie et on nous invite à remédier à la situation pour vivre notre vie en toute simplicité.

 

Aaaaah la "toute simplicité"! Non mais on a tu hâte de la rencontrer, elle, hein? Ça s'en vient, ça s'en vient...

 

 

3.  Qui suis-je?

 

On pense qu’on le sait, de prime abord. Mais notre cerveau est très complexe. Et depuis qu’on est petit, on nous apprend à être ce qu’il faut que l’on soit. Que ce soit en se faisant dire : «Wow, t’es gentil de partager tes jouets avec ton petit frère» pour nous encourager à devenir un être ”civilisé”.  Ou qu’une femme à marier, ça sait bien cuisiner.  Ou que t’es belle quand tu souris.  Ou que t’as pas le droit de pleurer parce que t’es un garçon.  Ou de ne pas étudier en herboristerie parce que c’est pas un métier «reconnu» et que tu feras pas d’argent.  Ou que les artistes c’est des crottés et que l'art ne sert à rien, ect. ect. ect. ect. ect. Depuis qu’on est né qu’on apprend sans s’en rendre compte à agir comme les autres veulent qu’on agisse, à devenir ce qu'on pense que les autres voudraient qu'on soit. Alors partir à la recherche de qui on est réellement, de ce qu’on veut réellement, peut s’avérer tout un contrat!  Toutes les politesses que nos parents nous insufflent pour qu'on ait l'air «bien élevé». Les règles imposées par nos professeurs débordés, les ordres pas toujours sensés de nos patrons, les lois non écrites de la société, les craintes de déplaire à notre potentielle douce moitié...  Et là je ne parle même pas de l’influence de la publicité et de tous les messages de peur que nous lancent les médias et qui forgent notre perception du monde et de nous-même depuis forever. 

 

Je pense que devenir minimaliste est un passage obligé dans le tunnel du «Qui suis-je?» parce que c’est fou à quel point on s’identifie par rapport à ce que l’on possède. Même chez les hippies comme moi. Personne n’échappe à ces illusions à partir du moment le matin où on doit choisir ce qu'on va porter pour sortir de chez soi, à moins d’en faire un travail conscient quotidien en tout temps. Le livre Les Quatre Accords Toltèques explique tout ça bien mieux que moi. Lecture chaudement recommandée. Ça m'a grandement ouvert les yeux. Y’a de ces sagesses qui passent au travers du temps malgré tout ce que le monde peut apporter de nouveau à chaque seconde. Je me dis que ce n’est pas pour rien!

 

 

4.  Qu’est-ce que je veux vraiment?

 

Pour s'aider à trouver la réponse à notre point 3, des fois il faut se demander «Qu’est-ce que je recherche véritablement?». Une paire de chaussures pour compléter mon outfitt pour flasher à mon party de bureau? Ou de la confiance en moi pour me sentir à la hauteur, peu importe ce que j’ai sur le dos?

 

Peut-être que j’aurais dû dépenser cet argent pour acheter des livres de développement personnel, comme par exemple The Desire Map de Danielle Laporte, un ouvrage qui nous aide à se poser les vraies bonnes questions afin de trouver ce qu'on recherche réellement, émotivement parlant. Je ne sais pas trop comment le traduire sans que ce soit trop laid mais la question principale est «What can I do to feel the way I want to feel». On peut s'acharner à vouloir une promotion jusqu'à se piler sur soi-même et quand on l'obtient, on est toujours aussi insatisfait parce qu'au fond, ce qu'on recherche vraiment, ce n'est pas «plus de responsabilités en travaillant pour quelqu'un» mais bien «plus d'autonomie en travaillant pour soi-même». Ce n'est qu'un exemple parmi des milliards mais c'est le genre d'erreur que nous faisons tous et souvent au cours de nos vies. Et c'est souvent le manque de confiance en nous qui  nous fait dévier de notre but ultime.

 

Et si on transférait chaque effort ou dollar dépensé à se polir l’extérieur pour compenser notre sentiment d’infériorité sur quelque chose qui nous nourrit véritablement l’essence profonde, quel genre de personne deviendrait-on? Et là je ne veux pas insulter personne avec mes propos. C’est le genre de dilemme que je vis au quotidien et je ne crois pas que personne ne soit assez parfait dans la vie pour ne pas avoir à dealer avec ça régulièrement. Mais ça reste une question essentielle, surtout si on veut se simplifier sa vie.

 

Nourrir le vrai besoin plutôt que de passer par quatre chemins me semble la chose la plus simple à faire pour être comblé plus rapidement et à moindre coût. Parce qu’une fois les souliers achetés (à crédit probablement) et le party de bureau passé, notre moi profond crie toujours famine et il faudra encore une fois sortir le porte-feuille pour le combler. Et si on trouve le moyen de se développer personnellement sans avoir à dépenser quoi que ce soit (parce que oui, c’est possible), rien n’empêche de quand même se gâter avec une paire de chaussures mais on saura les apprécier pour leur juste valeur et non pas attendre d’elles qu’elles nous apportent quelque chose qu’elles ne peuvent nous procurer réellement. Ce ne sont toujours bien que des chaussures! Peut-être même qu’on les choisira durables et confortables plutôt que belles mais déformantes.

 

 

5.  Combien de temps ça me coûte?

 

Transférer le prix de quelque chose en temps de travail est un truc qui est très efficace chez nous. Par exemple, un gros jumbo paquet de couches dure environ un mois et coûte l’équivalent de 3heures de travail. C’est l’équivalent d’un laisser-passer pour une journée au spa. Jamais de ma vie je n'avais eu les moyens de me payer un spa une fois par mois. Tu parles d’une bonne motivation/récompense pour se mettre aux couches lavables!

 

Cette robe trop belle mais trop fancy que si jamais j’ose la porter dans un évènement très spécial qui existe probablement juste dans ma tête, je ne pourrai pas me permettre de la porter plus d’une fois parce que tout le monde va se rappeler que je l’ai déjà mise, mais prendra quand même de l’espace dans ma garde-robe pendant 10 ans parce qu’au prix que je l’ai payée je ne voudrai pas m’en départir. Mettons que je suis quand même raisonnable dans mes extravagances, ce serait l’équivalent d’environ une ou deux journées de congé de maladie pas payée que je ne pourrai peut-être pas me permettre de prendre quand j’en aurai besoin. C’est aussi le coût d’une petite formation dans un domaine qui m’intéresse et qui pourra peut-être me rendre plus autonome et me faire gagner ou sauver de l’argent plus tard. C’est le prix de ma part pour la location d’un chalet en gang pendant une semaine. D’un laisser passer pour un festival de musique, d’une session de cours de yoga dans un beau studio ensoleillé, d'un weekend dans une retraite santé, ou si tu lis En as-tu vraiment besoin?, tu voudras peut-être l’investir pour tes vieux jours pour  ou l'achat d'une maison…

 

Cherche un peu, toi aussi tu trouveras sans doute un millions de meilleurs endroits où mettre ce 150$-200$. J'ai juste à l'emprunter ma robe pour le mariage à Chose pis Bine. De toute façon, ce sera pas moi la vedette à cet évènement-là. Ou j'irai faire un tour en friperie, je pourrais être surprise. Je me dis toujours que les gens sont trop occupés à s’en faire à propos de leur propre allure pour réellement avoir assez de focus pour s’intéresser à la mienne assez longtemps pour que ça vaille la peine. Mais si toi t’es du calibre «tapis rouge», qu'on te prend en photo et juge ta tenue pendant une semaine après ton gala dans les journaux à potins, fais-toi commanditer! Je suis certaine que tu le vaux bien. Go Girl!

 

 

6.  D’où ça vient?

 

Acheter, c’est voter. C’est même bien souvent la seule manière qu’on a de réellement choisir dans quel monde on veut vivre malgré toute l’illusion que la démocratie essaye de nous faire avaler. On commence à le savoir ici, après près de 20ans de règne néo-libéral. Et si on regarde comment ça se passe ailleurs dans le monde, c’est pas tellement plus jojo. On est quand même très bien chez nous comparé à la Russie ou la Corée du Nord par exemple, même si je dois me le rappeler régulièrement. Mais ce n’est pas une raison pour tout laisser aller aveuglément. Puisqu'on sait tous que nos gouvernements sont à genoux devant les puissances économiques (ça aussi je l'ai volé à La Cage de Bruits. Que voulez-vous? Quand c'est si bien dit!), et que ces dernières ne pensent qu'à une chose, c'est mettre la main sur le scrénning qui reste dans nos poches une fois que le gouvernement s'est servi, on ne peut pas se fier sur eux pour assurer l'avenir économique de nos petits enfants. Autrement, c'est nous qui allons finir, lentement mais sûrement, par travailler des heures de fou pour des salaires de crève-faim.

 

Avouons-le. Combien sommes nous ici à déjà devoir couper dans notre budget d'épicerie pour arriver à payer le loyer? Pas étonnant. Quand on achète des produits qui viennent de la Chine, notre argent s'en va en Chine et il n'est pas près de revenir. Qu’est-ce qu’on attend pour arrêter de donner notre argent si durement gagné à des gros pourris qui empochent l’équivalent de notre salaire annuel à la minute?  Et ce, grâce au fait qu’ils détruisent notre planète, la seule qu’on a pour l’instant. Et si jamais y’en avait une autre qui se découvrait entre-temps, tu peux être certain qu’ils vont aller s’y installer confortablement en nous laissant ici avec leur apocalypse. S'ils sont des géants, c'est aussi parce qu'ils abusent des petits humains, des gens comme toi et moi qui veulent juste le meilleur pour l’avenir de leurs enfants. Ils partent travailler à l'autre bout de leur pays dans le but de subvenir aux besoins de leur famille mais se retrouvent esclavagisés, leur salaire suffisant à peine à payer pour l'hébergement et la nourriture octroyée par leur employeur. Il faut se réveiller. Il faut prendre sur nous. Ce cossin cheap qui va encombrer notre précieux espace de vie porte en lui la souffrance, le sang, la mort parfois, et enrichi un tas de trou ducs à la soif de pouvoir démesurée.

 

Ces injustices, pour moi, c’est un moyen extrêmement efficace pour garder mon argent dans mes poches et attendre de trouver une petite entreprise de chez nous qui va créer des emplois ici pour des gens qui pourront élever leurs enfants avec, je l’espère, des valeurs d’économie responsable afin que ces derniers puissent avoir une qualité de vie (et d'eau, et d'air,...). Ça me fait tellement plaisir de savoir qu’une belle entreprise de chez nous peut s’émanciper grâce à mon achat alors qu’en revanche, mon investissement dans le bidule sur-emballé qui a atterri ici dans un conteneur sur un paquebot (avec on ne sait trop quelles bibittes, maladies, drogue et quoi encore) va sans doute finir dans un paradis fiscal et contribuer éventuellement à creuser un puits de pétrole à deux pas du terrain que je vais avoir passé ma vie à économiser pour pouvoir m’acheter dans l'espoir d'y créer un havre de paix naturel.

 

Ça fait longtemps que je pratique «l’économie locale», c'est une façon de consommer qui prend son p'tit temps à mettre en place parce qu'il est vrai que l'achat local ou responsable peut se retrouver à être plus dispendieux. Mais quand on prend l'habitude d'acheter moins de cossins inutiles ou de mauvaise qualité, qu'on les remplace par des biens usagés ou que l'on s'abstient tout simplement parce qu'on n'en a pas vraiment besoin, on doit les remplacer moins souvent et on fini par avoir plus de ressources monétaires disponibles pour s'acheter de la bonne qualité plus éthique.

 

Mais même conscientisée comme je le suis, il m'arrive encore de me faire avoir comme un amateur. C'est puissant la publicité et la mise en marché. Ça sait exactement où appuyer dans notre cerveau pour nous créer des besoins et nous faire faire des achats irréfléchis, compulsifs. C’est pourquoi je me suis imposée le défi «Un an sans achat» afin de reprogrammer mon cerveau à trouver des alternatives et m’habituer à ne pas succomber à la première tentation. C’est presque certain que si je prends le temps de réfléchir à mon achat, je ne l’achèterai pas au final. On pourrait croire que c’est de la privation et que c’est frustrant, mais c’est assez difficile à décrire la sensation de liberté que ça procure et du coup, j’ai envie de t’inviter à tenter le coup, juste pour voir. Essaye juste un mois pour commencer. Pense à tout ce que tu pourrais faire avec l’argent économisé en seulement un mois et imagine combien ça ferait si tu faisais le défi pendant 6 mois… Un an… Une vie!! (ok j’exagère là.)

 

La première fois que j’ai entendu parler de ce défi, je ne croyais pas ça possible moi non plus. Là, ça fait trois mois seulement mais je réalise que c’est beaucoup plus facile que je le croyais. On s’est quand même dit qu’on pouvait tricher, en autant qu’on prenne le temps de bien réfléchir avant de le faire. Mais on n’a pas encore eu besoin de le faire pour le moment. En ayant moins de dépenses, on a moins de paiements à faire.  Automatiquement le niveau de stress baisse considérablement. On n’a plus besoin de travailler autant et je peux enfin me dire que oui, je peux étudier et travailler en herboristerie si c’est ça qui me chicote les tripes depuis quinze ans. Même si c’est pas “reconnu”. Même si «y’a pas d’argent à faire là».

 

Alors voilà. Si tu es dans un cheminement comme le mien, j’aimerais savoir quelles sont tes questions à toi, qui t’aident à cheminer dans le processus minimaliste. Je t’invite à commenter ci-dessous ou à venir en jaser sur le groupe Facebook Soutien entre Wannabe Minimalistes.  Tu peux aussi t'abonner à la page Facebook, où je partage du contenu de divers blogueurs et youtubeurs que j'ai découvert et qui abordent le sujet du minimalisme, chacun à leur façon.

 

Au plaisir d’apprendre des nouveaux trucs avec toi!

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