Pourquoi faire le défi "Un an sans achat"?

February 28, 2018

 

C'était un coup de tête, en fait. Même que j'ai pas osé en parler tout de suite parce que je ne nous croyais pas capable. J'étais fru parce que souvent, j'achète de quoi qui me semble révolutionnairement génial et essentiel mais une fois chez moi, je m'aperçois que c'est cheap cheap cheap (et que j'ai payé beaucoup trop cher pour ce que c'est) et que oui... c'est utile, mais je me débrouillais très bien sans toute ma vie durant, et là je me suis encombré d'une nouvelle patente et vu que j'ai payé trop cher pour, je vais devoir le garder longtemps. Chaque fois, je me fais avoir comme un amateur et je m'en veux pendant longtemps.

 

Comme cette poêle Lagostina que j'ai acheté chez CanTire. Bon, elle était à 75% de rabais donc 25$ ce qui n'est pas cher, mais elle grafigne la plaque de mon poêle parce qu'elle est juste mal faite en dessous. Je pense qu'ils ont hérité du mandat d'écouler un produit avec un défaut de fabrication. Au même magasin, j'ai acheté un rack à linge, comme celui que je voulais de chez Costco mais qui n'est jamais en stock quand j'y vais. Faut dire que j'y vais pas souvent parce que tout le monde m'énarve au Costco et que je fais presque une attaque de panique juste à voir la taille des paniers et l'étendu de cochonneries formats géants que les gens mettent dedans. Je ressors de là en dépression chaque fois, du coup mon chum m'a interdit d'y mettre les pieds. Chez CanTire, il le vendent 75$ mais réduit à 40% alors que Costco lui, le vend 40$. Je savais pas que c'était permis de faire ce genre promo.  Ça vaut jamais 75$, c'est cheap, tellement léger que mon bébé d'un an le jette par terre en moins de deux. C'est de l'abus. Du coup, on a décidé de boycotter Canadian Tire. Bon, ça change pas grand chose dans notre cas parce qu'on boycott tous les magasins pendant un an, tout ce qu'on a le droit d'acheter, ce sont les essentiels : bouffe, transport. Le reste, faudra qu'on le trouve gratuit sur des groupes comme As-tu ça, toi?qu'on le troque sur Troquer c'est gratos, qu'on le fabrique nous-même ou, en cas extrême, qu'on l'achète usagé à des particuliers en dernier recours.

 

Comme là, Théo avait besoin d'un nouveau siège d'auto. Si j'en avais pas trouvé un gratuitement, je l'aurais acheté sur Kijiji parce que c'est une question de sécurité et c'est la loi. J'aurais pas attendu qu'il se casse une côte avec les straps trop serrées de sa coquille, on s'entend? Mais de toute façon, une simple petite demande sur As-tu ça, toi? et j'ai reçu plusieurs offres.

 

Mais les bébés, ça c'est un cas qui mériterait un article à lui-seul. Quand j'étais enceinte de Mÿa, c'est assez incroyable la quantité de choses inutiles que j'ai acheté, croyant que ma vie serait simplifiée et que ma fille serait plus heureuse. Ma maison avait l'air d'une garderie! Et pourtant. J'étais bien placée pour savoir qu'un bébé, ça a besoin d'amour et de lait frais, et que le reste, il s'en fout pas mal. Quand j'ai eu ma première fille, j'avais à peine 20 et pas une cenne. Je n'avais pas de table à langer, de parc, de chaise qui vibre, de chambre pour elle tout seul, pas de tire-lait ou de machine qui fait les purées, de poubelle à couches, très peu de vêtements et jouets... Et franchement, elle a très bien tourné. Elle vient d'avoir 17ans, je peux donc admirer l'être humain formidable qu'elle devient malgré le manque de gugusses en plastique qui l'entourait dans sa jeunesse.

 

Pour ma deuxième, j'ai pas mal tout acheté usagé mais quand je pense au trouble que je me suis donné pour aller le chercher et pour m'en débarrasser après m'être aperçu que c'était juste plus encombrant qu'autre chose, j'ai pas le choix d'être un peu fâché contre moi. Un an sans achat, c'est un peu comme dire : je me pardonne, mais ne recommence pas!

 

On n'est pourtant pas de si grands consommateurs. Du moins, c'est ce qu'on croyait. N'empêche qu'à tous les jours ou presque depuis le début du défi, on a un besoin qui pop! dans notre tête, et plein d'excuses pour se le procurer quand même, malgré le défi (mais on tient notre boutte!): un bâton de hockey pour mon chum qui veut voir plus ses amis et «faire du sport pour se remettre en forme». «Pis ça coûte juste 30$» (plus les taxes, plus le temps et le transport pour y aller...). Ou un petit jouet de dentition pour Théodore. Il en a déjà 1000 mais aucun ne fait la job. Il a utilisé celui d'une amie l'autre jour et là, wow! Il était en symbiose avec! Ça faisait tellement bien la job que j'ai cru un instant que j'avais pas le choix de courir à la pharmacie pour me procurer le même. «C'est juste 5$!».

 

Et moi, j'ai besoin de linge. J'arrête pas d'en sortir. J'y vais KonMari style : «Cette robe m'apporte-t-elle de la joie? Non, l'étiquette me gratte, la bretelle tombe tout le temps, le zipper est tout le temps coincé, je rentrerai plus jamais dans ce morceau, c'est trop funky, j'ai pus 20 ans...» Finalement, j'ai pas gardé grand chose! Ce qui me reste est usé à'corde ou, comme je suis en train de perdre le poids de mes deux dernières grossesses, c'est rendu trop slack pour que je puisse envisager de sortir avec en public. J'ai trois jeans, les trois ont le fond de culotte qui est en train de lâcher (ça fait juste 8ans que les porte...) du coup je porte mes pantalons de yoga pour sortir de chez moi pour pas qu'il m'arrive une bad luck en me penchant. Si y'a une moment dans la vie d'une fille ou elle devrait avoir le droit d'aller magasiner, c'est maintenant. Mais je n'irai pas. D'abord, je déteste magasiner (je suis comme Aurélie Laflamme, je viens d'une autre planète). Et puis quand je vois tout le linge que j'ai acheté et dont je me suis débarrassée en l'ayant à peine porté, j'ai tendance à douter de mon jugement au moment de faire un achat. J'me trust pus. Je préfère courailler les évènements d'échange de linge comme ça au moins, si le vêtement choisi ne me va pas du tout après mûre réflexion, et bien il m'aura coûté 0$ au lieu de 140$.  Parce que j'achète pas ça moi des vêtements fabriqués au Bengladesh, du coup, un vêtement me coûte le prix d'une garde-robe complète de chez Walmarde. Ça revient cher de l'erreur de jugement.

 

Je pense que je vais me faire une liste de tous ces achats évités, ne serait-ce que pour me sentir riche à la fin de mon défi. 5$ par-ci, 10$ par là... Oups 30$ ici. L'argent sort pas mal plus vite qu'il n'entre!

 

Là y'en a qui vont dire que si je n'achète rien, je ne fais pas mon devoir de citoyenne en contribuant à l'économie. Je vais devoir répondre à ça que je ne vais pas mettre mes économie en dessous de mon matelas. Ces économies vont servir soit pour investir, si j'arrive à trouver des fonds qui ne financent pas l'armement, le tabac, les pharmaceutiques, Monsanto ou les pétrolières, mais comme je ne crois pas que ça existe, même dans les placements éthiques, je vais probablement l'utiliser pour vivre des expériences enrichissantes, suivre des formations, voyager... Peut-être un jour m'acheter un bout de terre ou partir un projet quelconque en lien avec mes valeurs. On verra (et vous savez bien que je vais me faire un devoir de vous tenir au courant) mais toutes ces possibilités-là n'existaient pas avant parce que comme beaucoup de gens, on avait tendance à dépenser l'argent qu'on fait à mesure. J'ai eu des années dans ma vie ou mon revenu était de 7000$ avec un enfant à charge et pas de pension alimentaire et guess what, on vivait pareil! Aujourd'hui, je pourrais en réaliser pas mal des projets si je dépensais juste 7000$. Tout est relatif, surtout quand on parle de nos «besoins».

 


Depuis notre naissances que les génies de la publicité programment nos cerveaux à nous créer des besoins fictifs pour qu'on fasse rouler le système économique. Sont allés jusqu'à ruiner notre perception de nous-même, nous obligeant à porter tels vêtements, telle coupe de cheveux, telles lunettes, tel maquillage, ne serait-ce que pour se sentir crédible. Faudrait avoir une grosse maison et un char assez neuf pour avoir le droit de faire des enfants. Ensuite il faut le nécessaire pour entretenir cette maison et ce terrain.  Mais on manque de place pour tout ranger alors il faut une plus grande maison, avec un garage cette fois. Et pour combler tous ces faux besoins, on doit travailler tellement qu'on en vient à ne plus avoir le temps de l'utiliser, notre bel équipement. Et surtout, de profiter de la vie. On s'achète des cossins pour se gâter et combler le vide, souvent à crédit, et on devient l'esclave des banques et leur capitalisme. Moi je veux déprogrammer mon cerveau. Je veux que ce soit moi qui le programme avec les valeurs et les besoins que j'aurai moi-même déterminés.

 

J'ai grand espoir que ce défi va m'aider, en commençant par me débarrasser du réflex de sortir le porte-feuille à chaque fois que je pense avoir besoin de quelque chose. Au début, on cherche une autre solution pour se procurer le cossin en question sans avoir à l'acheter. Mais assez rapidement, pour se sauver le trouble, on commence à se questionne à savoir si on en a vraiment besoin pour se rendre compte que non et vite oublier qu'on a eu ce besoin-là. Ça fait 3 ans que je désencombre ma maison et ma vie et ce défi-là va obligatoirement contribuer à ne pas me ré-encombrer sans m'en rendre comte, comme ça arrive trop souvent chez les Wannabe Minimalistes.

 

Quoi qu'il en soit, il y aura sûrement quelques fails. Un an, ça passe vite, mais ça peut être long des fois, quand ta cafetière te lâche ou que tu brûles ta planche à découper en te trompant de rond de poêle (coupable!). Tous mes manquements au défi, je viendrai les confesser en toute transparence sur notre groupe Facebook Soutien entre Wannabe Minimalistes avec le #UnAnSansAchat.

 

Je t'invite à nous y joindre et faire part de ton expérience si tu as déjà entrepris ce genre de défi ou si tu envisages de le faire!

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