L'enfer de mon déménagement Wannabe Minimaliste

January 10, 2018

 

 

Encore un autre déménagement tout croche. J'ai fait la même erreur pour la 3e fois, peux-tu croire? J'espère que j'ai eu ma leçon!

 

Qu'on se le dise, un déménagement, faut que ça se passe comme quand on arrache un plaster (pis NON! J'écrirai pas "diachylon". C'EST LAITE!!).

C'est-à-dire :

 

Samedi 8h

-  les déménageurs arrivent et les amis graduellement

-  on pack le truck

-  on se rend au nouvel endroit

- on décharge

À 14h c’est fini, bière-pizza pour tout le monde, merci-bonsoir!

 

Non, moi mes trois derniers déménagements me donnaient accès à mes deux apparts pendant tout un mois, me permettant donc de « déménager tranquillement, prendre le temps de bien trier mes affaires afin de ne pas déménager du stock pour rien ». ERREUR!!! Ça ne marche pas! En tout cas, pas pour nous. Je sais pas si c'est parce qu'on a trop de stock (oui sans doute, entre autre) ou parce qu'on est vraiment mal organisé (moi qui pensais m'être améliorée...) ou parce qu'avec une petite de 3ans pleine d'énergie et un bébé de 9mois qui se font la compétition ultime de c'est qui qui va accaparer toute notre attention parentale, la journée fini par passer pis on a à peine une demi boîte de faite... Je pense surtout qu’on a mal estimé la quantité de stock qu’on avait. Franchement, après deux déménagement et tous les voyages de stock qu’on a fait à Éco-centre et à l’entraide, après tout ce que j'ai donné pendant le #MinsGame, on avait vraiment l’impression qu’on avait pu grand-chose. Comme quoi tout est relatif, hein!

 

Je pense aussi que j'ai fait une erreur en faisant le #MinsGame en pré-déménagement.  D’abord, c’était trop facile, pas vraiment un défi. Même que j'ai dû me départir au moins du double d'items que ce que le défi demande (465 objets pendant un mois). J'ai perdu beaucoup de temps à mettre les photos en ligne des items dont je me départissais, à répondre aux gens qui étaient intéressés par mes choses à donner, prendre les RV pour leur remettre le stock... Ça m'a ralenti, ça généré du stress de plus (comme si j'avais besoin de ça) et j'ai regretté plusieurs fois, je vais être honnête. Je suis bien contente que mes choses aient trouvé des gens à qui elles peuvent servir mais si j'avais investi tout ce temps à faire mes boîtes, j'aurais sans doute été moins dans l'jus lors du sprint final qui aura lieu en plein pendant le temps des fêtes alors qu'on a eu les pires conditions météo depuis le début de la saison froide. Quand il ne faisait pas moins 30, il verglaçait ou y'avait une tempête de neige. Ça se pogne tellement bien des boîtes pleines de livres avec des mitaines grosses de même, d'abord! En plus du poids du matériel, fallait traîner le poids du manteau, des bottes, avec une tuque dins yeux, les lunettes qui buent dans les escaliers intérieurs, les roues du dolly qui se peuvent pus... Malade! En plus mon chum se remettait d’une entorse à la cheville et on quittait un 3e étage pour aller dans un 2e, ça fait que Bibi ici présente s'est fait des muscles! Une chance que ça fait six mois que je fais du #yogaeverydamnday sinon j'aurais jamais survécu (physiquement ET mentalement).

 

On a embauché des déménageurs pour les gros meubles et les électros le 16 décembre. On avait déjà déménagé les plantes et le reste de nos trucs importants comme la vaisselle et les items pour faire notre toilette, du linge, de la bouffe de façon à pouvoir habiter tout de suite au nouvel endroit. On était tellement bien avec juste ça! J’avais une trentaine de boîtes que je vidais et remplissais à mesure, j’apprivoisais l’espace que j’avais et tentais de trouver une place pour chaque objet avant de décider si je le déménageais ou le donnais. L'autre appart était encore plein de cochonneries qu'il fallait trier, donner, jeter; et paqueter les choses qu'on allait garder pour les emporter au nouvel appart. Le 23 décembre, donc le samedi, ma soeur, son mari et un ami de mon chum sont venus aider. On a croisé le gars qui allait prendre notre ancien appart qui venait pelleter l'allée régulièrement pour que son camion ne soit pas pogné le derrière en l'air dans le banc de neige le jour de son déménagement. À ce moment-là, me croyant capable d'avoir fini à temps, je lui confirme que j'allais lui remettre les clefs lundi, parce que c'est chien obliger quelqu'un à déménager un 1er janvier. Mais rendu à la fin de la soirée, j'ai réalisé qu'on ne serait jamais prêt. Parce que dimanche le 24, fallait aller à Québec pour le réveillon et qu'une grosse tempête de neige était prévu qui nous obligerait possiblement à dormir là-bas jusqu'à mardi. Il nous restait donc dimanche matin pour finir de vider le logement (et faire les bagages, emballer les cadeaux....). Impossible. En plus, tous les organismes où on prévoyait donner nos restants étaient fermés pour la durée du temps des fêtes. Très mauvaise prévision de ma part, mettons. J'avais comme oublié Noël dans vie, moi. Donc dimanche matin, j'ai donné les clefs à notre successeur pour qu'il puisse commencer à peinturer et tout, l'avisant qu'on n’avait pas fini mais qu'on se mettrait là-dessus aussitôt revenu de Québec.

 

Comme de fait, lundi, abominable tempête. On ne peut rien voir dehors, même pas la rampe du balcon par la porte patio. Où on est, y'a la télé allumée en permanence aux nouvelles qui nous shoot des images de carambolages, de sorties de route et bien sûr de prédiction météo dignes de l'apocalypse. Non mais sont bons pareils, han, pour nous faire peur? On n’a pas la télé chez nous. Ça me fiberglass à chaque fois de voir à quel point la télé peut me mettre dans cet état d'angoisse. C'est comme la fin du monde à tous les jours. Voir qu'on a besoin de ça dans vie... Qu'on n’est pas déjà assez stressés! Entéka. On n’a pas eu le courage de prendre la route lundi malgré notre anxiété majeur par rapport à la quantité de stock restant et du truck de déménagement des nouveaux locataires qui débarque mercredi. 

 

On s'y remet donc dès notre retour mardi. À l'ancien appart, tout notre stock restant avait été mis dans des boîtes et entassé dans une petite pièce près de la porte. L'appart était peinturé à grandeur et y'avait déjà du stock des nouveaux locataires d'arrivé sur place. Gulp. Boule dans gorge, sentiments malaisants de honte «OMG, ils ont tout torché eux-même, c'était tellement sale!!!», d'incapacité «Mais comment ils font eux pour être aussi organisés?», de panique «OoOoOoOoOooh Shit!! Tout mon stock à donner est paqueté avec mon stock que je veux peut-être garder, y'a peut-être du stock important là-dedans! Va falloir tout ramener, dépaqueter et repaqueter et pratiquement re-déménager dans un centre d'entraide»  entremêlé à une sorte de soulagement intense du genre «Okay! Y reste juste ça. Ça achève, ça achève (tape dans le dos imaginaire)!» pour finir par un «Ah-Yoy! Y reste quand même pas mal plus de stock que je m’attendais. Mais où est-ce qu’on va mettre tout ça?» Je savais pu si je devais être fâchée ou reconnaissante, pleurer de joie ou piquer une crise d'hystérie. Sur le coup, j'ai opté pour la reconnaissance. On venait de me sauver des heures de travail dans cet appart que j'étais pus capable de voir et qu'en plus, on a reçu de l'aide inattendue pour emmener tout ça chez nous de la part de nos successeurs. On n’était vraiment pas assez vite pour leur pacing. Parce qu'on s'entend que mon chum avec sa cheville + les enfants qui ne se gardent pas tout seul, ça faisait dur notre affaire. Nos helpers s'en venait à boutte, fait un mois qu'ils viennent nous donner des coups de main par-ci par-là, pis c'est Noël bout d'ciarge! Tout le monde a mieux à faire que déménager des serial-déménageants (c'est notre 3e déménagement en 18mois...) atteints d'accumulation compulsive. Donc oui, merci! Mais la boule dans ma gorge grossisait à vue d'oeil pour faire la taille de mon chest à mesure que le stock arrivait et remplissait ma demeure. Mon dos se crispait et je sentais ma joie de vivre s'anéantir sous le poids de mon bébé que je ne pouvais plus laisser au sol parce que y'avait pu rien de bébé-friendly dans ma maison. Et la p'tite, la face blême, ploguée sur des vidéos Youtube abrutissantes parce que je ne pouvais juste plus rien gérer de plus que d'enlever le stock du chemin avec un bébé dans les bras, quaisi-épileptique,  qui veut juste aller par terre parce qu’il vient de sortir de son siège d’auto après avoir fait Québec-Montréal en 4heures à cause des restants de poudreries et des 4-5 sorties de route qu’on a croisé pendant la première demi-heure de notre trajet. Pis y'est fort c't'enfant-là, ça pas de bon sang. J'étais démolie.

 

J'ai fini par aller me coucher le soir, sans trop d'éclats. Trop brûlée sans doute. Mais le lendemain... OUCH! J'ai fait une de ces crises les amis! Petite pensée pour mon chum qui m'a soutenu comme un chef, c'est le meilleur! Mais WOW! Mon volcan qui s'était à ma grande surprise tenu bien tranquille jusqu'ici venait se réveiller pis attaboy qui fallait pas se trouver sur son chemin parce qu'il allait tout ravager. Ceux qui me connaissent seront ahuris, parce que je ne jete jamais rien. Même ma crap, je vais la porter à l'éco-centre pour que ce soit recyclé d'une manière ou une autre. Mais là là, j'ai TOUT jeté! Bon pas tout-tout, là. Mais tout ce qui dépassait un peu d'une boîte, tout ce qui traînait chez nous depuis des siècles et trois déménagements et que j'avais l'intention de vendre sur Kijiji mais que je n'ai jamais fait. Et je rectifie : j'ai tout garoché dans face à mon chum en lui criant «AUX VIDANGES!!!» et c'est lui qui a exécuté. Parce que même dans cet état, j’allais encore me trouver des raisons pour garder certains de ces items, et j’aurais quand même eu des bonnes raisons. Mon chum, il a pas eu le choix de les faire disparaître, je vous le jure. Ensuite j'ai fait un break down pour le reste de la journée, couché en boule sous une grosse couette à trembler ma vie parce que ma crise m'avait profondément épuisée. Je capotais de m’être rendu jusque-là avant d’arriver à laisser partir ces objets. Je me faisais penser ces personnes dans une émission que j’ai vu chez ma belle-mère où les gens souffrent d’encombrement extrême. On ne peut même plus circuler dans leur maison où du stock est empilé jusqu’au plafond mais ils refusent quand même de se débarrasser d’une boîte de vieilles bobettes trouées et ce devant les caméras. 

 

Le lendemain, c'était plus fort que moi, je suis allé chez CanTire et je me suis acheté un juicer Omega avec l'argent que j'ai eu à Noël et je me suis fait le meilleur des jus ever pour me remettre sur le piton. J'en avais tu vraiment besoin? OUI!!!! Non négociable. Pour ma défense j’ajouterais que la centrifugeuse que j’utilisais a rendu l’âme quelques semaines avant le déménagement, c’est donc une acquisition légitime.

 

Si être minimaliste simplifie la vie, devenir minimaliste, c'est loin d'être simple. C'est maintenant que je réalise à quel point notre attachement aux objets, même inutiles, peut être profond. Et y'a plein d'émotions de toutes sortes rattachées à ces objets, des souvenirs et pas juste des bons mais on tient à les garder pareil. Sans oublier le sentiment d'avoir été donc ben stupide de garder quelque chose aussi longtemps pour finalement ne jamais rien faire avec. Je suis portée à vouloir le garder encore dans le but de faire de quoi avec pour ne pas l'avoir gardé pour rien aussi longtemps. Tu parles d'une raison à la con! Je ne sais pas si on peut arriver à complètement se départir de ce type de pattern mais je suis convaincu que si ça arrive, je pourrais enlever le «Wannabe» au titre de mon blog. Mais tu vois, même en en étant consciente, je continue de le faire. Peu importe la quantité d'effort que je mets, c'est là. Va falloir que je me laisse imprégner du minimaliste au rythme que ça vient. Je peux forcer un peu des fois, mais pas tout d'un coup. Faut que j'observe ce pattern (et les autres), que je les comprenne fondamentalement. L'encombrement, c'est une maladie et le désencombrement, une thérapie. Donc je suis malade, mais je me soigne! Peut-être que ça va être long. Peut-être qu'un moment donné, ça va débouler super vite et tout va rentrer dans l'ordre. Je ne sais pas. On verra. Mais je comprends trop bien les gens qui trouvent ma démarche intense. Je suis obligée d'admettre que ça l'est, effectivement. Mais la libération, après coup, fait le plus grand des biens. Pour la première fois de ma vie, j'arrive à garder ma maison propre presque sans effort, malgré les boîtes, malgré les enfants. J'ai toujours été une grande bordélique et je pensais que c'était incurable mais non. Je peux changer! Juste de réaliser ça, c'est merveilleux!

 

J'ai encore beaucoup de travail qui m'attend. Encore plein de défis minimalistes. Sans oublier qu'il faut être sur ses gardes pour ne pas ré-encombrer l'espace qu'on a réussi à se créer. Mais là au moins, chez nous c'est aéré. Je perds beaucoup moins de temps à chercher mes choses ou à les tasser pour épousseter ou passer l'aspirateur. Et pour vrai, je pense que je l'ai eu ma leçon.

 

J'ai encore trop de linge par exemple. C'est à ça que je m'attaque prochainement. Je passe ma vie à faire du lavage, c'est pas normal ça.

 

Toi, t'es rendu où dans ton désencombrement? Qu'est-ce qui te fait pèter une coche dans ton processus (tsé, question que je me sente pas trop toute seule...)? Tu peux commenter ci-dessous ou venir en jaser sur le groupe Facebook Soutien entre Wannabe Minimalistes.

 

À bientôt, là!

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